Reconnaître les aspects positifs d’une période difficile

Si l’on contemplait les effets d’une période difficile avec un nouveau regard? Quels sont les éléments qui nous ont peut-être surpris et même plu? Y a-t-il des moments que l’on a chéris davantage?

Musique à écouter pendant ou après la lecture de ce billet (il se peut que l’écoute simultanée ne soit pas possible): Planet Ocean Suite d’Armand Amar interprétée par Angèle Dubeau & La Pietà

Cela fait plus de cinq ans que la COVID-19 a fait rage. Nous avons tous une liste plus ou moins longue des maux qui en ont découlé, pour nous, pour les membres de notre famille ou de notre communauté. Cependant, en lisant un dossier sur la pandémie dans le journal Le Droit quelque temps après son apparition, l’expression le grand ralentissement employée dans le texte m’est restée en tête. La pandémie aurait-elle facilité de bons moments? 

Voici quelques observations à la fois personnelles et plus générales, déclenchées par la pandémie de 2020, mais qui, à différentes mesures, se transposent aussi à d’autres périodes difficiles dans nos vies plus de cinq ans plus tard.

Routines bousculées pour le pire ou pour le mieux 

Quand tout a été chamboulé, de nouvelles façons de faire se sont présentées. Si certaines personnes sont passées à la vitesse supérieure, d’autres ont expérimenté davantage un ralentissement. Le télétravail, l’école à distance, et puis l’arrêt de sorties culturelles et sportives, des rencontres de famille et d’amis ont tous eu un impact sur la routine. Chacun a vécu sa réalité; pour plusieurs, c’était la survie économique ou la survie tout court qui a été la préoccupation majeure. À ceux qui pourraient ne pas se reconnaître dans les propos plus positifs présentés dans ce billet, je souhaite que le courage vous ait accompagné dans cette épreuve.

L’épicerie :

Pour ceux qui ont traversé le grand ralentissement, prenons l’exemple de faire les courses. Chez nous, il y a eu davantage de planifications des menus afin de minimiser les sorties à l’épicerie. Aussi, nous avons vérifié et continuons de garder à jour notre réserve de nourriture d’urgence. Résultats bénéfiques: découvrir des recettes, réserver davantage de temps pour cuisiner, anticiper la dégustation des repas proposés, avoir des plats faits maison au congélateur. Mais aussi, faire les provisions tôt le matin ou tard le soir pour éviter les gens et goûter au calme et à la rapidité dans ces circonstances. Sans compter les épargnes à mieux prévoir les achats. Ces nouvelles habitudes se sont maintenues au-delà de la pandémie tout simplement parce qu’on a pu retrouver les joies de la planification à long terme des repas.

Le télétravail :

Et puis, qui a pu profiter d’heures de sommeil plus adaptées à leur besoin? En n’ayant pas à se rendre physiquement au travail, avec les minutes épargnées, la routine du matin s’est allégée. Pour certains, dormir l’a emporté, pour d’autres, ce fut trouver un moment pour soi avant le boulot avec un café, une séance de yoga, une marche. Et que dire des économies en essence ou transport ?

Dans notre région, c’était près de neuf employés sur dix en télétravail à cause de la COVID-19 qui souhaitaient conserver, entièrement ou en partie, ce mode de vie après la pandémie, selon un sondage SOM-ICI Ottawa-Gatineau. C’est donc que les travailleurs préfèrent être à la maison et y voient des avantages. 

D’ailleurs, si depuis quelques années, le retour en présentiel s’est fait de façon graduelle pour la plupart, ce n’est pas sans heurts à chaque ajustement d’horaire.  Des études récentes font état du fait que les gens apprécient encore le travail à distance. C’est probablement l’élément qui a eu le plus d’impact à longue échéance.

Passer du temps avec ses proches autrement

La famille :

Avec le travail à la maison et l’enseignement en ligne, les parents, les enfants et les animaux se sont retrouvés à passer beaucoup plus de temps ensemble. Sans vouloir minimiser les défis que ces changements ont apportés, il faut reconnaître que cela a permis de se renouer comme famille. Certains ont découvert le bonheur de voir davantage de premiers moments précieux de leurs enfants et peut-être aussi fait face à la réalité des hauts et des bas des émotions et exigences d’un bambin dans la demeure alors qu’on y travaille. Un père se confiait que c’était la première fois qu’il observait son fils concentré sur une tâche, mais aussi qu’il l’entendait pleurer de découragement. Une meilleure compréhension de la charge familiale en a découlé dans son cas.

L’après-COVID a montré que la socialisation des petits importe. Plusieurs enfants qui n’étaient jamais allés physiquement à l’école ont eu de grands ajustements à faire. Vivre en groupe classe pour une première fois et consacrer plusieurs heures consécutives à l’apprentissage, ce n’était pas nécessairement le modèle emprunté par les parents qui travaillaient à partir de leur résidence et qui tentaient de jongler l’école à la maison en même temps.

Pour certains, ce fut l’occasion d’avoir du temps ensemble alors qu’avant, tout était à la course. Les jeux de société ont gagné en popularité ainsi que les casse-têtes pour garder tout ce beau monde occupé, tout en apprenant à se connaître davantage. Chez nous, ça s’est aussi manifesté à distance avec des soirées de divertissements en virtuel tels que Fais-moi un dessin, Yahtzee et des jeux de coopération. Nous avons continué à jouer plus qu’avant la pandémie par la suite.

Les amis et les amours :

Les communications avec les amis et les amours se sont développées différemment. Si certains ont trouvé des activités extérieures à faire en respectant les normes, d’autres ont fait preuve d’invention pour se retrouver sur écran. Nous avons eu la chance de réaliser quelques voyages avec des amis et de la famille. Pour l’aventure virtuelle, chacun était dans sa demeure avec un guide en direct sur place à destination. Quelle façon agréable de se visiter et de créer du nouveau! 

Et les rencontres amoureuses? Je peux témoigner de plusieurs rencontres virtuelles et en distanciation effectuées lors de la pandémie et dont j’ai célébré le mariage par la suite. Le thème commun : les circonstances ont fait que les communications des couples ont été amplifiées.

Citation relatives aux périodes difficiles: Le grand ralentissement aura permis d'explorer un rythme de vie plus sain. Arrière-plan: Cour arrière avec meubles et arbres enneigés

Devenir techno par la force des choses

Que ce soit pour le travail, pour communiquer avec la famille ou les amis, pour de la formation ou autre raison, à peu près tout le monde a développé de nouvelles habiletés avec la technologie lors de la pandémie. Nous avons largement dépassé nos zones de confort afin d’atteindre nos objectifs et de répondre au besoin de contacts humains en visuel. Peu importe la vitesse à laquelle, se sont faits ces apprentissages, ils demeurent actifs bien après la pandémie.

Nous avons pu partager des repas grâce aux FaceTime, Teams et Zoom de ce monde, avoir des consultations et des traitements médicaux en mode virtuel, et surtout, offrir du réconfort aux personnes aimées à distance. Nous avons découvert que ces contacts amènent tellement plus qu’un texte ou un courriel et que l’aspect visuelle vaut plus qu’un simple appel. Encore aujourd’hui, c’est souvent en visio que nous avons des conversations avec la famille. Interagir à l’écran rend les communications plus vivantes et c’est généralement notre premier choix.

Le bon voisinage en période difficile

Peut-être plus qu’avant, la pandémie a permis de connaître ses voisins. En étant davantage à la maison, les chances de se croiser à l’extérieur et tout en distanciation, ont augmenté. La recherche de rapport humain a déclenché plus d’une conversation; après tout, nous avions tous quelque chose en commun. C’était et c’est encore le cas dans mon quartier où toutes les occasions sont bonnes pour entreprendre une jasette : marcher, pelleter, promener son chien, aller à la boîte aux lettres. On est aussi plus en contact par médias sociaux ou textos depuis la pandémie et c’est resté. Quand un voisin est décédé, le réseau s’est activé pour appuyer la famille. 

Passions confirmées et abandonnées

Retrouver ses pinceaux, son piano et sa guitare, ses outils, ses livres… combien de personnes ont repris des projets abandonnés? Il paraît qu’on n’a jamais autant lu, cuisiné, jardiné et bricolé que lors de la pandémie! Une amie me confiait que ça fait du bien d’avoir ce temps pour soi à ne rien faire, et qu’elle s’est rappelé comment ça lui donnait de l’énergie de peindre des tableaux. Ce fut aussi une bonne façon de savoir ce que l’on ne poursuivrait pas comme passe-temps et l’occasion de se débarrasser des surplus de matériaux. Je crains que plusieurs aient malheureusement abandonné leurs passions quand la vie plus normale a repris son cours. Pour ceux qui ont persisté, ce sont de beaux moments à reproduire encore et encore.

Automatismes à reconsidérer 

Lors de cette période difficile, les points de repère habituels ont laissé place à de nouvelles façons d’être et d’agir. Et si certaines étaient pour le mieux? Le grand ralentissement aura permis de remettre en cause une vitesse acceptée comme normale et d’apprécier un rythme de vie plus sain.

Nous avons toujours la possibilité de considérer le pourquoi de certains éléments du quotidien et de nous ajuster afin de garder les quelques bienfaits de ce grand ralentissement. Quels effets secondaires bénéfiques de la pandémie avez-vous prolongés ou continués?

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6 commentaires

  • Si ce n’est de la grande diminution des contacts sociaux, du stress de contacter la maladie et la complexité d’avoir un suivi médical, la pandémie a quand même son lot de bienfaits. Pas de problèmes à garder son pyjama plus longtemps le matin car on n’est pas trop inquiet que quelqu’un frappe à la porte. Nous avons certainement diminué notre consommation d’essence, les déplacements étant calculés et largement diminués. Finalement, nos habitudes de consommation ont radicalement changé. Nous achetons beaucoup plus local tout en respectant nos besoins réels. Les congélateurs sont pleins de produits récoltés dans notre potager. Je n’ai jamais autant cuisiné….pour le plaisir des membres de ma famille. J’ai aussi pris conscience de l’espace qui fait partie de mon quotidien. C’est vraiment une chance d’avoir un grand terrain plein de végétaux à s’occuper. Je trouve beaucoup de réconfort à circuler dans la nature fiable, stable, fidèle. Bref, notre regard s’attarde maintenant sur tellement de choses qu’on prenait pour acquises. Gratitude!

    • Tu as tellement raison! Nous avons aussi pu apprécier davantage la nature qui nous est facilement accessible.

  • Blogue très intéressant et inspirant accompagné d’une très belle musique. Plusieurs des points mentionnés, nous les expérimentons déjà nous-mêmes et chez nos enfants. C’est un véritable changement de vie pour le mieux, je crois. Nous pouvons ainsi prendre conscience de ce qui est important et ce qui l’est moins. C’est un très bon temps de réflexion et d’échanges.

    • Angèle Dubeau a le tour de dénicher et transformer des pièces musicales pour nous les faire connaître. Oui, ce temps de réflexion et d’échanges aura bien servi pour revoir et établir nos priorités mais aussi nos attitudes.

  • Je suis d’accord avec les nouvelles habitudes que la pandémie nous a apportées. Il y a de nombreux avantages comme prendre le temps d’apprécier chaque instant, développer de nouvelles passions, prendre soin de ses relations… Merci pour cette belle réflexion!

    • Que vous avez raison! Votre énumération témoigne des habitudes à maintenir pour notre bien-être, avec ou sans pandémie.

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