5 raisons de découvrir les villes ennuyeuses

Qu’est-ce qu’Ottawa et Laval au Canada, Niort en France et Luxembourg ont en commun? Elles ont déjà été choisies parmi les villes les plus ennuyeuses! Ottawa et Laval lors des « Boring Awards » de 2013 et Niort et Luxembourg par un sondage du site Topito en 2017. Je vous fournis d’autres exemples ci-dessous, mais, surtout, j’aimerais que l’on regarde ensemble cinq raisons pour découvrir les villes ennuyeuses de son coin de pays ou d’ailleurs au monde.

Musique à écouter pendant ou après la lecture de ce billet (il se peut que l’écoute simultanée ne soit pas possible): passepied  par Jean-Michel Blais

Ce billet a été inspiré par l’écoute de deux entrevues avec Eric Weiner, ancien journaliste du New York Times et de la radio NPR, et auteur, entre autres, du livre The Geography of Bliss (la géographie du bonheur). Ses propos sur les villes dites ennuyeuses – un qualificatif certainement très subjectif – et sur le bonheur portent à réfléchir non seulement à de prochains voyages, mais aussi à d’autres aspects de la vie.

Quelles sont les villes ennuyeuses?

C’est après avoir passé un peu de temps à Genève, Dijon et Cleveland qu’Eric Weiner a formulé ses idées sur les villes ennuyeuses. Pour ma part, je les classerais en trois catégories. Il y a d’abord celles qui ont la réputation d’être monotones, mais qui en vérité ont une grande offre touristique; Ottawa en est un bon exemple. Ensuite, il y a celles qui ont peu d’attraits touristiques. Enfin, il y a ces villes qui, en raison de leur architecture historique et de leur localisation géographique, sont bondées de touristes le jour, mais très tranquilles le soir. Y rester une ou plusieurs nuits permet de découvrir autrement ce lieu. 

Les attentes sont les ennemies du bonheur

Faisons un petit exercice. Pensez à une de ces villes que l’on retrouve habituellement dans les palmarès de destinations touristiques, une que vous n’avez pas encore visitée, comme Paris, New York, Rome, Venise, Londres, Montréal, etc. Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit? On se crée souvent des attentes à partir de ce que l’on a vu dans des films, lu dans des guides touristiques, ou entendu de nos amis. On s’attend par exemple à un séjour romantique à Venise ou à Paris. Et si la ville ne répond pas à nos attentes? 

C’est avec cela en tête qu’Eric Weiner a formulé cet énoncé que les attentes sont les ennemies du bonheur. Ça me fait penser à une citation d’un autre Eric que l’on a publiée dans notre page Facebook.

Citation de Éric Emmanuel Schmitt : Le bonheur qu’on attend gâche parfois celui qu’on vit. Arrière-plan: Mocassins sur un coussin violet près d’un chien blanc devant un foyer électrique rose.

À l’opposé, si l’on visite un lieu sans attentes, avec l’esprit ouvert, il y a de bonnes chances que l’on sera agréablement surpris. On trouve alors le bonheur dans ce que l’on découvre, dans les expériences que l’on vit. L’été dernier, alors que les mesures sanitaires étaient un peu relâchées, Julie et moi avons fait deux courts séjours dans des villes qui ne sont probablement pas très hautes sur les listes d’Européens pensant faire un voyage en Amérique, ni probablement sur les listes de la plupart des Canadiens : Kingston en Ontario et Trois-Rivières au Québec. 

Avant cela, notre connaissance de ces villes se limitait à la restauration rapide près de l’autoroute en route vers Toronto ou Québec. Ce fut deux séjours très agréables et nous avons découvert des endroits où l’on a bien mangé, où l’on a pu se promener le long du Saint-Laurent et où l’on retournera avec plaisir. À Kingston, nous sommes demeurés dans un petit hôtel que l’on pourrait qualifier de « COVID-friendly » : on ne rencontrait personne et il y avait une cuisinette équipée. C’est là que nous avons tourné notre vidéo sur la valeur de ne rien faire, ce qui nous amène au prochain point.

La détente est l’amie du bonheur

Si vous allez visiter une grande destination touristique, vous avez probablement votre liste d’endroits à voir, et ressentez peut-être une certaine pression de visiter de nombreuses attractions. C’est le genre de voyage où l’on a besoin de vacances pour se reposer au retour.

Par contre, une ville où il y a moins de choses sur la liste sera plus reposante. Si ce n’est pas votre destination principale, ce peut être agréable d’en placer une ou deux sur votre itinéraire. Par exemple, après des visites de palais, d’églises et de musées à Madrid et Séville, nous étions restés quelques jours à Ronda dans le sud de l’Espagne. C’est une destination prisée pour les escapades d’une journée afin de voir le magnifique pont qui surplombe une gorge qui traverse la ville de façon spectaculaire. Nous y avons passé du temps de détente et des soirées à explorer en toute tranquillité.

De nouvelles expériences

Ces villes plus tranquilles nous poussent parfois à aiguiser nos aptitudes de voyageurs afin de découvrir les coins intéressants. Et surtout, elles nous permettent plus aisément de goûter à la culture et à la nourriture locales dans le quotidien des résidents. 

Trogir, près de Split en Croatie, est une ville médiévale sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est une autre de ces villes fréquentées le jour et plutôt tranquilles en soirée, surtout en octobre. La propriétaire du Airbnb où nous restions nous a mentionné qu’il y avait un vernissage ce soir-là dans un petit musée. Nous y sommes allés sans trop d’attentes et avons passé une soirée fort agréable à boire du bon vin croate et jaser avec l’artiste (originaire de New York) et des gens de la place. 

Eric Weiner dit que pour mieux apprécier les villes qu’il visite, monotones ou pas, il estime combien de temps il veut allouer à une destination, puis il ajoute un coussin de 25% à la durée de son séjour pour mieux l’apprécier.

Il y a toujours quelque chose à découvrir

Les villes ennuyeuses sont souvent des destinations de voyages d’affaires (qui recommenceront éventuellement). Pour ma part, quand j’en faisais, j’aimais beaucoup me promener dans le quartier autour de l’hôtel, soit en prévoyant quelques heures avant le vol de retour, ou en me levant tôt le matin. Même des villes qui ne sont pas sur les « bucket lists » de voyageurs, comme Fredericton au Nouveau-Brunswick, piquaient ma curiosité.

Je me souviens d’être allé à Regina en Saskatchewan pour une réunion. Il faisait -40°C. J’aurais pu rester au chaud dans mon hôtel, mais comme j’avais loué une voiture, j’en avais profité pour aller voir le coucher de soleil sur les plaines enneigées. Un très beau moment.

Citation relatives aux villes ennuyeuses : Visiter une ville « ennuyeuse », c’est le bonheur d’un voyage sans attentes et plein de découvertes. Maison duplex à deux étages avec l’ombre d’un vélo qui semble descendre sur la façade.

C’est bon pour le budget

En général, mais pas toujours, les villes ennuyeuses – vous aurez compris que ce qualificatif ne réduit en rien le plaisir d’y séjourner – vont coûter moins cher à visiter que les destinations touristiques, tout en nous permettant de décrocher du quotidien, de nous changer les idées. 

À ce sujet, Eric Weiner mentionne que pour lui, le simple fait d’être dans une chambre d’hôtel est apaisant. Par contre, je me dois de mentionner, dans ce blogue d’inspiration minimaliste, qu’il a aussi dit que la chambre est apaisante parce qu’il n’y est pas entouré de plein de choses, contrairement à chez lui. C’est dommage de trouver la paix ailleurs parce qu’on a trop de choses dans sa maison! Je lui recommanderais notre billet 5 conseils pour désencombrer à la Airbnb!

En conclusion, il ne s’agit pas d’éliminer des destinations d’intérêt, mais plutôt de penser qu’en élargissant nos horizons, même près de chez nous, l’on peut vivre de belles expériences de voyage. Au fond, il n’y a pas de villes ennuyeuses.

Avez-vous d’autres villes perçues comme « ennuyeuses » à suggérer? D’autres raisons de les visiter? Faites-nous-en part dans les commentaires.

Ressources:

Site d’Eric Weiner  

Parmi nos billets:

Changer sa façon de voyager?

La valise minimaliste et autres trucs de voyage   

Parmi nos vidéos:

Annonce de la vidéo 15 petits plaisirs l'hiver en ville. Julie à l'extérieur l'hiver.
8 caractéristiques des voyageurs à petit budget. Arrière-plan: Michel au bord du Saint-Laurent à Québec.
Image de la grille d'analyse pour séjours de courte durée en appartement disponible dans le Centre de ressources

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6 commentaires

  • Pendant la pandémie et à l’instar de vos visites dans des villes moins bien reconnues par les agences de voyage, mon épouse Lise et moi avons exploré plusieurs petites villes et villages de notre grande région de l’est Ontario et du sud-ouest du Québec, qui pour la plupart passent innaperçus. Généralement le dimanche en après midi, on choisissait un endroit à visiter qui ne nous était pas bien connu, par exemple Perth, Smiths Falls et Kemptville ou N.D de la Salette, durant le festival de la patate. Malgré le peu d’attente de notre part, ces visites nous ont tout de même fourni de maintes surprises : jolis parcs à visiter et petits restaurants dignes d’une mention d’étoile, sinon dans le guide Michelin, du moins dans les médias régionaux. De plus, on s’est souvent retrouvés en plein festival avec musique, étalage de produits artisanaux et activités diverses et petits musées historiques du milieu. Chaque village semblait aussi avoir sa part de personalités (par exemple la championne golfeuse canadienne Brooke Henderson que l’on signalait sur la place centrale à Smiths Falls). En somme, il y a plein à découvrir dans notre petit coin de la province et du côté de notre province voisine, sans avoir à parcourir de grandes distances. Il s’agit de choisir sa destination et passer à l’aventure.
    Félicitations pour tout ce que vous faites et l’inspiration qui en découle.

  • Quel beau billet! Pendant la pandémie, nous avons découvert notre région comme par exemple les ruines de Saint-Raphaël. Nous avons exploré aussi Ste- Martine, St-Urbain, Beauharnois… de belles excursions d’une journée. Visiter sans attente nous permet de profiter de chaque moment.

  • Oui, comme tu as mentionné, Fredericton n’est pas sur la ‘bucket list’ de bien des gens, mais si vous y passez quelques jours, vous ne serez pas déçus. Randonnées, festivals, bouffe, paysage, activités culturelles. Avant on disait que le Nouveau Brunswick était la ‘drive through province’ car les touristes qui se dépêchaient pour se rendre à l’Ïle du Prince Edouard, ou à Halifax disaient qu’il n’y avait rien ‘à voir là au Nouveau Brunswick’… j’ose dire que ce n’est pas vrai. De belles découvertes pour ceux qui aiment faire des randonnées en pleine nature, marcher sur la plage, explorer les musées et centres culturels, magasiner les boutiques d’antiquités, …dans les deux langues. À visiter: La Baie de Fundy et les marées qui sont les plus fortes au monde, St. Andrews by the Sea, L’Ile Minister, Bouctouche (le pays de la Sagouine), Fredericton et environs, Moncton, les peintures murales (et la crème glacée) de Sussex, les rochers de Hopewell, le Mont Carleton, Kouchibouguac, Caraquet…la côte Acadienne.
    (Fredericton est la ville ou j’habite depuis 6 ans 🙂 )

    • Bravo, Anne, pour la promotion de votre ville d’adoption et du Nouveau Brunswick! Pour avoir visité plusieurs des endroits que vous mentionnez, je suis bien d’accord avec vos suggestions et vous me donnez le goût d’y retourner. Merci pour cet ajout à notre billet!

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