Nous avons aussi produit une vidéo sur le sujet de ce billet.
Mis à jour : 10 juillet 2026
Vous arrive-t-il de sentir de la déception ou de la contrariété quand vous avez à choisir entre le cœur et la raison, entre une activité qui vous tente et une qui semble plus sage, entre conserver quelque chose ou créer de l’espace? Voici une autre idée d’attitude à adopter devant des choix minimalistes, celle-ci inspirée des ingénieurs.
Musique à écouter pendant ou après la lecture de ce billet (il se peut que l’écoute simultanée ne soit pas possible): La plage du Nord de Louis-Étienne Santais
J’ouvre une parenthèse : je suis dans une famille de quatre générations d’ingénieurs : mon grand-père et mon père l’étaient; et j’ai un frère et un fils qui le sont donc, je comprends assez bien leur façon de penser et je suis confiant qu’ils me le diront si je dis des âneries.
Je ne suis pas ingénieur mais suivez-moi quand même dans la suite de cette idée d’attitude devant des choix minimalistes. Je ferme la parenthèse.
La magie des compromis
J’aime bien lire les livres et le blogue de l’auteur américain Seth Godin. Dans son billet The Magic of Trade-offs (la magie des compromis), il parle des choix qui sont faits constamment dans les industries manufacturières.
Comme exemple, il cite l’ordinateur portable : un appareil plus puissant nécessitera une plus grosse pile et sera donc plus volumineux et lourd. Un ordinateur est une série de choix entre puissance, durée de charge, volume, poids, etc.
M. Godin souligne ensuite que les ingénieurs ne se plaignent pas des choix devant lesquels ils sont placés. S’il n’y avait pas de compromis à faire (entre durabilité et esthétique, poids et force, etc.), bien, on aurait moins besoin d’ingénieurs.
Pour extrapoler, Seth Godin suggère que, dans plusieurs aspects de nos vies, nous faisions comme des ingénieurs et que nous nous entraînions à dire : « Excellent! Voici un compromis qui est un défi intéressant. » Voilà une attitude positive à adopter.
Notre attitude devant quelques choix minimalistes
Devant des compromis, l’objectif est habituellement de trouver une façon alternative de vivre son bonheur présumé.
On PENSE que l’option A qui nous tente va nous apporter un niveau de joie plus élevé que l’option B qui nous tente moins, mais qui s’inscrit plus dans notre cheminement minimaliste. Je mets l’accent sur le mot pense, car on ne peut jamais garantir que cette joie sera telle qu’imaginée.
Quels sont donc des exemples de choix minimalistes qui peuvent être de bons défis?
Dépenser pour un voyage (le cœur) ou pour une rénovation (la tête)?
À prime abord, on penche naturellement vers le voyage qui offre un repos, un dépaysement, de nouvelles aventures, le rêve, et l’éloignement du quotidien.
Cependant, ce peut être facile de trouver de la joie dans une rénovation qui améliore notre qualité de vie; par exemple en rendant la cuisine plus fonctionnelle, en ajoutant une salle de bain ou en ajoutant un garage. C’est un peu plus difficile d’être excité si c’est pour refaire un toit ou réparer une fondation qu’on ne remarquera pas vraiment.
Si les rénovations prennent le dessus, il s’agit alors de se payer une petite récompense, comme un souper au restaurant ou une journée à jouer au touriste dans sa ville pour alléger le sentiment de perte.
Pourquoi ne pas faire les deux? Parce que dans cet exemple, s’endetter pour faire à la fois le voyage et les rénovations, c’est hypothéquer son avenir et ça ne rendra pas plus heureux à long terme.
Acheter une auto plus luxueuse (plaisir) ou économiser pour sa retraite (quiétude)?
Dans cet exemple, le défi est de transférer le plaisir de conduire cette auto à la quiétude d’avoir des économies pour la retraite. Je peux commencer par me rappeler que si je ne peux même pas remplacer mon vieux tacot à la retraite, je ne serai pas très heureux. Comme le dirait Pierre-Yves McSween dans En as-tu vraiment besoin, qu’est-ce qui va plus impressionner le voisin : mon auto ou que je prenne ma retraite avant lui?
Acheter de nouveaux vêtements (paraître) ou payer le solde de sa carte de crédit (responsable)?
Y a-t-il un compromis ici? Oui, il s’agit de trouver son plaisir à minimiser ses achats de vêtements sans pour autant se promener tout nu dans la rue. Des achats durables plutôt qu’à la mode finissent par coûter moins chers.
Les dettes dont celles sur carte de crédit pèsent plus que la fierté d’un look dernier cri. D’ailleurs, la fierté de ne pas avoir de dette donne une assurance qui se fait remarquer davantage qu’un nouveau vêtement.
J’entendais une entrepreneure expliquer qu’elle avait des dettes personnelles dont le poids l’empêchait d’être créative; quand elle a éliminé ses dettes, il lui est devenu plus facile d’obtenir du succès et de faire de l’argent.
Un gros mariage (une journée) ou économiser pour l’éducation des enfants (une vie)?
Cet exemple de compromis peut sembler inutile puisqu’il y a souvent quelques années entre le mariage et les enfants. Mais justement, si le gros mariage vient avec des dettes sur plusieurs années, cet argent n’ira pas à préparer l’avenir des enfants.
Le défi, si on se met en mode ingénieur, est de trouver tous les moyens de réduire les coûts de ses noces. Il peut être facile de se motiver en se disant que l’argent économisé pourra ainsi aller non seulement dans un fonds d’éducation, mais peut-être aussi pour une longue fin de semaine en amoureux qui dure plus longtemps que la journée de mariage.
Éviter un gros mariage et économiser pour l’éducation des enfants, c’est s’éviter beaucoup de stress et de soucis dans les deux cas.
Conserver un appareil de cuisine spécialisé (efficacité) ou utiliser un outil plus polyvalent (espace)?
Est-ce vraiment un compromis d’avoir plus de place mais se défaire d’un objet qui ne sert qu’à l’occasion? Plus l’appareil est gros, plus son utilité et sa fréquence d’utilisation (au-delà du premier mois!) doit être évaluée. Cet outil permet-il vraiment d’effectuer des tâches importantes et régulières qu’on ne peut pas faire avec un plus petit outil?
La question se pose aussi avant l’achat d’un autre gadget de cuisine. Combien d’espace cela coute-t-il dans les tiroirs ou pire, sur le comptoir? Remettre en question ces objets pourra contribuer à une cuisine davantage dégagée mais tout aussi fonctionnelle.

Imagination et communication
Avec un peu d’imagination, les compromis ne sont pas toujours entre fun et plate. Comme nous avons tenté de l’illustrer dans nos exemples, on convertit les choix et les limites en défis et on trouve moyen de prendre un certain plaisir à les résoudre.
Lorsque des choix se posent devant nous, si on est en couple, une clé pour relever ces défis est une saine communication. Il faut que les deux souscrivent au compromis qui peut arriver après des discussions de fond. S’il y a lieu, inclure aussi les enfants dans la réflexion et ainsi créer de bonnes habitudes chez eux. De plus, lorsque les enfants comprennent et ont participé aux choix, ils seront davantage portés à les accepter et même les soutenir.
Une autre évidence : ces choix, compromis, défis sont plus faciles quand ils sont faits pour avancer et non pour reculer. Il est plus facile de choisir de ne pas déménager dans une maison plus grande que d’être forcé à déménager dans un plus petit logement à cause de contraintes financières. Comme le disent des chroniqueurs de finances personnelles, il y a de nombreux avantages à vivre en dessous de ses moyens.
Je vous souhaite donc de pouvoir relever le défi de trouver la bonne attitude devant des choix minimalistes difficiles.
Avez-vous des exemples de compromis que vous êtes heureux d’avoir faits? Écrivez-les dans les commentaires; ils pourraient aider d’autres personnes dans leur cheminement.
Ressources:
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Merci pour encore un bon blogue plein de bons conseils avec des touches d’humour qui me font rire tout haut. J’ai hâte d’entendre les commentaires des ingénieurs de la famille. Ma façon de rendre la dépense d’un nouveau toit moins plate a été d’en faire poser un rouge! Les toits rouges me font sourire alors maintenant le mien me fait sourire à tous les jours. 🙂
Je n’avais pas pensé qu’il y avait des façons intéressantes d’investir dans son toit. Merci d’en avoir partagé une et démontré un exemple de bonne attitude!
Tu écris très bien, Michel!
J’ai aimé le sujet de faire des choix minimalistes. Un ami me disait qu’il est tellement plus heureux de vivre plus à l’étroit dans une maison modeste que de payer une grosse hypothèque et d’être plus restreint dans ses dépenses. Il peut ainsi jouir d’un style de vie plus agréable!
Merci Paulette! Et merci de partager cet exemple. Souvent, le réflexe est d’acheter une maison en fonction de l”hypothèque maximale que la banque est prête à accorder, mais vivre en-dessous de ses moyens apporte de nombreux bénéfices.