Se départir de livres: sacrilège ou bonne action?

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Me départir de livres est un défi et je crois ne pas être le seul à le voir ainsi. On entretient souvent une relation privilégiée avec nos livres, surtout si on a eu la chance de grandir dans une famille qui valorise la lecture. Mais il arrive un moment où l’on doit considérer se départir de livres.

Musique à écouter pendant ou après la lecture de ce billet (il se peut que l’écoute simultanée ne soit pas possible) : John Williams : Prologue (bande sonore de Harry Potter and the Sorcerer’s Stone)

Pourquoi conserver nos livres

Il y a des livres que l’on doit certainement conserver : ceux que l’on va lire ou relire, ceux que l’on pourra prêter à nos enfants, parents et amis, ceux qui ajoutent un élément de décor, et même ceux qui servent à rehausser notre écran d’ordinateur.

Pourquoi se départir de livres

Mais quand ils ne sont pas dans ces catégories, on doit alors considérer donner des livres afin de :

  • faire de la place à d’autres livres, ou
  • faire de la place dans nos armoires, sur nos tables ou tout autre endroit qui n’est pas une bibliothèque, ou
  • déménager dans un logement plus petit, ou
  • simplement leur donner une deuxième vie.
Livres sur une tablette avec citation relative à se départir de livres : En se départant de livres, on leur donne une deuxième vie… dans un autre milieu, en circulation publique, ou sous une nouvelle forme.

Par où commencer?

Comme pour tout autre objet qu’on sort de la maison, une des raisons principales de se départir de livres est de donner l’occasion à quelqu’un d’autre de profiter d’un bien dont on ne se sert plus. Mais, pour une raison ou une autre, cela semble plus difficile de faire ce constat avec des livres qu’avec d’autres objets. 

Reconnaissant cette difficulté, il est plus facile de ne pas essayer de faire un gros ménage tout d’un coup. Allons-y plutôt par un processus itératif. On commence par briser la glace, puis on revisite régulièrement (aux quelques mois) et on élague un peu chaque fois.

La première place à regarder est notre collection de manuels d’école, de collège ou d’université. Je ne suis pas le seul à avoir conservé longtemps de tels livres. On se dit que ça peut être utile, et parfois ce l’est, mais, avec le passage du temps, l’utilité de tels manuels diminue. Et, selon le sujet de vos études, il y a de fortes chances que la seule solution pour ces livres soit – ô sacrilège! – le recyclage. Si vous retrouvez un livre de biologie publié il y a 30 ans, qui en voudra? Le papier recyclé va servir à créer un journal, une revue ou un autre livre.

Petite bibliothèque bleue : boîte avec porte vitrée pour échange de livres, près d'une maison en pierre

Ensuite, on trouve les livres dont le contenu est dépassé ou se retrouve maintenant sur Internet (par exemple, les dictionnaires de synonymes), les livres qui vous rappellent de mauvais souvenirs (en plus des manuels scolaires!), et les livres qui ne seront pas relus. 

Une étape plus difficile est de reconnaître qu’on ne lira jamais certains livres neufs achetés par erreur. Comme l’a dit l’écrivain irlandais James Joyce, « Life is too short to read a bad book. » 

Comment donner une deuxième vie aux livres

Petite bibliothèque rouge : une boîte avec porte vitrée pour échange de livres, près d'un parc
  • Sonder l’intérêt dans sa famille pour certains des livres à donner.
  • S’informer si notre bibliothèque publique accepte les dons de livres. Dans bien des cas, le personnel les triera pour les ajouter à leur collection ou les vendre dans une vente de livres usagés. 
  • Déposer des livres dans la « mini-bibliothèque » si votre municipalité en possède et si vous croyez qu’ils peuvent intéresser une personne de votre quartier.
  • Aller les porter à une résidence pour retraités ou au comptoir populaire.
  • Visiter un magasin de livres usagés; on peut vous donner un crédit pour vos livres mais ces magasins sont très sélectifs dans ce qu’ils acceptent.

Il peut être utile de conserver quelques livres pour enfants même s’ils ont grandi, pour d’éventuelles visites de neveux, nièces, et petits-enfants. Mais, ce n’est pas nécessaire d’en remplir une bibliothèque complète – ils peuvent mieux servir dans une bibliothèque publique ou une garderie.

Une nouvelle allure pour sa bibliothèque

Tout comme les bibliothèques publiques changent en remplaçant de l’espace auparavant consacré aux livres par de l’espace pour ordinateurs, cafés et autres activités, l’allure de nos bibliothèques à domicile peut évoluer. Il n’est pas nécessaire de les remplir au maximum de leur capacité; on peut laisser de l’espace vide et de l’espace pour bibelots choisis (voir le billet sur l’art). On peut aussi disposer ses livres d’une variété de façons. Par exemple, l’article ci-dessous suggère de regrouper ses livres par couleur de la reliure (pour un esprit cartésien, c’est tout un saut!).

Si vous avez d’autres suggestions pour alléger votre bibliothèque, ou des expériences à partager, n’hésitez pas à écrire un commentaire. C’est avec plaisir qu’il sera lu et ça ne prend pas de place dans une bibliothèque!

Ressources

Organiser ses bibliothèques avec style

Une entreprise solidaire qui donne une seconde vie aux livres (vidéo)

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6 commentaires

  • Sujet très approprié.
    Chaque semaine vous nous faites réfléchir : on ne passe pas toujours à l’action mais vous nous rappelez au moins que l’action est possible.
    Continuez!

  • Merci pour cet article Michel. En effet je suis une grande lectrice. Et oui 4 bibliothèques plus tard. Je prends comme activité de ranger tous les livres qui sont étalés dans toutes les pièces: chambre à coucher, salon, solarium, bureau, etc et de les ranger dans la bibliothèque et d’aller en déposer dans les boîtes municipales. Merci pour l’inspiration. J’ai adoré cette musique qui me transporte dans une bibliothèque de Harry Potter. Gratitude xoxo

    • Bravo Sylvie et merci pour ton commentaire! C’est très agréable de voir que mon texte est utile. J’espère que le rangement de tes livres avance bien!

  • Bonjour Michel,

    Ce billet de blogue m’interpelle car il reflète ma pratique actuelle (ou devrais-je écrire, “ma pratique visée”)! Lorsque je lis un livre, je me laisse déjà réfléchir à la personne à qui je l’offrirai. Certes, il n’y a pas toujours quelqu’un qui me vient à l’esprit mais cela devient un jeu qui accompagne la lecture et le plaisir d’apprécier l’ouvrage en question.

    Le seul hic, c’est que j’ai tendance à accumuler les livres plus vite que je ne les écoule! Mon objectif est de lire un livre par mois. Bon, ce n’est pas beaucoup comparé au rythme bibliovore de plusieurs mais pour un professionnel qui doit lire plein de documents pour son boulot, c’est un défi! Le problème, c’est que je me fais donner des livres (entre autres, par des personnes ayant bénéficié de ma générosité antérieure) et de plus, même si j’évite d’entrer dans les librairies (parce que je me connais!), il m’arrive de me retrouver face à face avec un bouquin irrésistible…

    Enfin, tout ça pour dire que c’est une lutte continuelle. Pour le moment, je pense avoir réussi à ne pas trop faire craquer les étagères mais il me reste à vraiment parvenir à y faire davantage de place pour des objets d’art ou… même de l’espace libre!

    Bonne lecture,
    Gilles

    • Merci Gilles pour ton commentaire. J’aime cette idée de penser à qui tu pourrais offrir tes livres en les lisant. J’ajouterais qu’au moment de donner un livre, tu peux mentionner que le récipiendaire ne doit pas se sentir obligé de le lire et peut en disposer comme bon lui semble. Si on établissait cela comme règle universelle du don de livre, nous aurions probablement tous plus de place dans nos bibliothèques!

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