Modeler le minimalisme au sein de la famille (et auprès de ses amis tant qu’à y être!)

M

Nous n’avons pas toujours été minimalistes. Nos enfants ont donc pu vivre notre cheminement vers cet idéal avec son lot de succès et quelques déboires. Mais surtout, il y a de beaux moments! 

Voici en gros comment nos enfants ont pu apprendre avec nous. 

Musique à écouter pendant ou après la lecture de ce billet (il se peut que l’écoute simultanée ne soit pas possible): Tambour – Ursa Minor (Caroline’s Theme)

Examiner nos possessions

Régulièrement, nous considérons l’utilité des objets de notre demeure. C’est certain que lorsque nous avons dû vider les armoires de cuisine pour une rénovation et tout le rez-de-chaussée pour sabler et vernir les planchers, une rare occasion s’est présentée de toucher chaque objet en le déplaçant vers le garage ou le sous-sol. Plusieurs items n’ont pas survécu ce premier triage; si la poubelle en a accueilli quelques-uns, c’est surtout les gens de la communauté qui en ont profité à travers le site « Buy Nothing Project ». Un deuxième questionnement s’est fait naturellement lorsqu’est venu le temps de tout réinstaller. On a pu se défaire d’encore plus, surtout qu’on avait réussi à vivre avec beaucoup moins pour deux mois!

Comme les enfants étaient aux études, nous leur offrions d’abord ce dont nous nous départissions. Parfois, ils en voyaient l’utilité et le réclamaient, mais la plupart du temps, la conclusion était de donner. 

Ils se sont habitués à recevoir des textos avec photos d’objets à considérer. Je me souviendrai longtemps de la fois où je leur ai offert des photos de jeunesse plaquées sur bois; je leur ai indiqué que je brûlerais ce qu’il ne prenait pas. Quelle réaction! « Là, maman, tu exagères. C’est un sacrilège de vouloir brûler les photos de tes enfants! » Je les ai remises au placard en leur disant qu’ils pourraient le faire eux-mêmes lorsque nous emménagerons dans une résidence pour personnes âgées.

Donner au suivant

Les enfants remarquent les actions. Nous avons habituellement un sac pour les objets à donner et c’est là que les enfants mettent ce qu’ils ne veulent plus, ce qui ne fait plus ou ce qui vient d’être remplacé. Ils sont souvent venus avec nous les porter au comptoir populaire. Maintenant, il est encore plus facile de donner au suivant grâce à des groupes Facebook, et ce sans même avoir à se déplacer. Nous préférons habituellement donner plutôt que vendre en sachant qu’ils seront réutilisés.

Savoir quand dire oui et quand dire non 

Pour modeler le minimalisme, il importe de montrer qu’il est parfois souhaitable d’accepter des objets de la famille et amis. Par exemple, nous n’avons pas acheté de meubles (sauf matelas et sommier) pour nos dix premières années ensemble, ayant pu profiter des changements de décor d’amis et de la famille. 

Encore aujourd’hui, nos vêtements trouvent régulièrement une nouvelle vie auprès d’autres membres de la famille ou amis et nous en acceptons (et donnons) régulièrement: chemises d’extérieur, manteaux, vêtements qui ne conviennent plus aux nouvelles occupations.

Parfois, cependant, ce qui nous est offert ne convient pas et n’est pas nécessaire. Il faut dans ce cas résister à accepter tout simplement pour faire plaisir. En expliquant que l’objet pourrait davantage servir à d’autres, le message est habituellement compris. Dans de rares cas, il est plus facile de le prendre en indiquant que l’on sait où s’en départir. En tous les cas, il faut refuser des cadeaux qui viennent avec des conditions. (Voir le 6epoint dans le billet de pistes pour alléger sa cuisine.)

Tiroirs avec citation relative à modeler le minimalisme : Les enfants apprennent de leurs parents comment cheminer vers le minimaliste et reconnaître le progrès.
Photo : Renato Pozaić

Accompagner leurs premiers pas

En se portant volontaire pour aider dans les premières tentatives de désencombrement d’un enfant, il sera plus porté à poursuivre la démarche. Même comme adulte nous recherchons des renforts lorsque nous attaquons un coin de la demeure plus difficile. L’important est de respecter les souhaits de l’enfant afin que ce soit sa démarche et non la nôtre, par exemple en disposant dans les piles « donner, garder, jeter » selon ses directives.

Cet exercice peut se poursuivre avec les jeunes adultes lors de leur passage à la maison en examinant le contenu de boîtes de souvenirs de jeunesse par exemple.

Forcer le tri à distance

Et si les enfants ont quitté votre demeure en laissant un amoncellement derrière eux, il y a moyen de forcer le tri à distance. Voici la façon qui a bien fonctionné pour notre famille : d’abord envoyer des photos avec les articles numérotés et l’enfant indique son intention : jeter, donner ou garder; ensuite on offre de traiter des objets des deux premières catégories et de mettre le reste dans des boîtes avec leur nom dessus. Lorsqu’ils reviennent faire un tour à la maison, on leur demande de revisiter le contenu; il y a de fortes chances que d’autres objets seront éliminés. Il est entendu que lorsqu’ils ne seront plus aux études, toutes les boîtes les suivront. La maison familiale ne devrait pas servir d’entrepôt de longue durée.

C’est certain qu’à lire ce billet, modeler le minimalisme semble si simple!  En prenant le temps d’expliquer et de mettre les conseils en pratique, c’est toute la famille qui nous mènera à notre idéal minimaliste, quel qu’il soit. Nos enfants rendus adultes n’adopteront probablement pas le même style de vie, mais ils sauront s’en inspirer.

Pour poursuivre la lecture :

Minimalisme et enfants: est-ce possible?

Et parmi nos billets: Trier les jouets en s’amusant avec les enfants

Pour rester à l’affût des nouvelles parutions, inscrivez-vous au bas de cette page ou sur la page Infolettre.

Partagez ce billet!

1 commentaire

  • Félicitations pour ce billet. Nous nous y retrouvons quelque peu, n’est-ce-pas? Vous nous avez facilité la tâche du déménagement! Et il semble bien que nous allons encore éliminer des choses lorsque nous nous mettrons à revoir ce que nous avons emporté…

Avez-vous lu?