Pensons soustraction

Avez-vous plus de choses qu’avant? Vos résolutions commencent-elles plus souvent par « Je devrais faire plus de… » que par « Je devrais faire moins de… »? Ajoutez-vous des règlements dans votre maisonnée ou au travail plus souvent que vous en enlevez? Êtes-vous plus occupé aujourd’hui qu’il y a cinq ans? 

Ces questions sont posées par Leidy Klotz de l’université de Virginie dans un livre fort intéressant intitulé Subtract, The Untapped Science of Less (Soustraire, la science inexploitée du moins). 

Musique à écouter pendant ou après la lecture de ce billet (il se peut que l’écoute simultanée ne soit pas possible): Lava par Tomasz Kraal  

On additionne plus souvent que l’on soustrait

Dans le but d’améliorer nos vies, nos organisations, notre société, on ajoute beaucoup plus souvent que l’on enlève. De la planification de voyage à la planification urbaine, des rénovations à domicile à la vie professionnelle, pour effectuer un changement, on a l’option d’ajouter – des objets, des systèmes, des activités – et on a l’option de retirer.

Le problème est que l’on ne pense pas souvent à la soustraction. Et, selon le professeur Klotz, en négligeant la soustraction, on se retrouve avec un quart de million d’items dans notre maison et des calendriers surchargés.

Il mentionne l’intérêt populaire pour Marie Kondo et autres minimalistes à la télévision comme indice que nous sommes intrigués par les gens qui proposent de se départir d’objets; que cette façon de penser est inhabituelle alors qu’elle permet souvent de trouver de la joie. 

Le but de son livre est donc de nous aider à utiliser le pouvoir de la soustraction pour améliorer nos vies et notre environnement. Mais pour ce faire, il voulait d’abord vérifier que le réflexe d’ajouter est plus fréquent que celui de retirer.

Citation relative à la soustraction: Pour avoir de la connaissance, ajoutez des choses chaque jour. Pour avoir de la sagesse, enlevez des choses chaque jour. Lao Tseu. Arrière-plan: 2 bonhommes LEGO à côté d'un pont en LEGO.

De la recherche par expériences

C’est en jouant avec son fils de trois ans que Leidy Klotz a décidé d’entreprendre, avec une équipe de collaborateurs, une recherche sur le sujet. Ils construisaient un pont en blocs LEGO; le pont était déséquilibré. Pour le redresser, le professeur s’apprêtait à ajouter un bloc quand il a vu que son fils en enlevait un. Pourquoi n’avait-il pas pensé à cela?

La première expérience de l’équipe a donc été d’inviter des étudiants à une table où il y avait une petite structure en LEGO et une pile de blocs. On demandait aux étudiants de modifier la structure à leur guise. Seulement 12% y ont ôté des blocs. 

Dans une autre expérience, les participants devaient modifier la recette à cinq ingrédients d’une soupe. Seulement deux des 90 participants ont enlevé des ingrédients. (En passant, avez-vous vu notre vidéo sur comment faire du bouillon de légumes à partir d’épluchures?)

Les chercheurs ont ensuite essayé une expérience dont ils étaient convaincus qu’elle allait inspirer la soustraction. Ils ont demandé aux participants d’améliorer un itinéraire pour une journée de 14 heures à Washington. L’itinéraire comprenait la visite de dix édifices et monuments (le Capitole, la cathédrale nationale, etc.), du magasinage et le dîner. Seulement 25% des intervenants ont retiré des activités de cet horaire très chargé. 

L’auteur s’est demandé si l’on ajoute parce que l’on aime les choses que l’on a bâti soi-même – « l’effet IKEA ». Ou est-ce parce que l’on croit que se départir d’un objet c’est admettre qu’il représente maintenant une dépense plus ou moins inutile? Cette réflexion est évidemment un obstacle au désencombrement que l’on adresse dans nos billets et nos formations.

Les chercheurs ont donc formulé une expérience sans contexte culturel ou économique, sans attrait particulier pour l’addition ou la soustraction. Ils ont créé la grille ci-dessous. Essayez-la : votre tâche est de faire en sorte que les deux côtés de la ligne noire soient symétriques, comme si un côté était le reflet de l’autre, et de faire cela avec le moins de changements possible. Les participants cliquaient les cases sur un écran; comme nous ne sommes pas rendus là dans notre maîtrise de la technologie, vous pouvez le faire dans votre tête.

Grille 10 cases par 10 cases don't certaines sont colorées en gris.
Grille par le professeur Andrew Hales. Source: Subtract, The Untapped Science of Less par Leidy Klotz, Flatiron Books, 2021.

Il y a deux meilleures réponses : ajouter quatre blocs gris du côté gauche ou enlever quatre blocs gris du côté droit. Seulement 20% des participants ont retiré des blocs. Je suis dans le 80%, et vous? Quant à elle, Julie a trouvé une solution non mentionnée dans le livre : ajouter deux blocs à gauche et en retirer deux à droite.

Pensons soustraction

À la suite de ces expériences et d’autres semblables, Leidy Klotz est devenu convaincu que l’on additionne plus fréquemment que l’on soustrait, souvent sans même penser à la soustraction, et, conséquemment, que l’on se prive de bonnes options. À l’opposé, quand l’on constate l’effet de la soustraction, on aime souvent ce que l’on voit.

Pourquoi est-ce ainsi? Pourquoi notre cerveau a-t-il plus tendance à ajouter qu’à soustraire? Il y a des raisons culturelles, historiques et biologiques. 

Y a-t-il des façons de changer nos habitudes afin de percevoir plus aisément la soustraction comme une action de changement?

Le livre explore tout cela, mais j’ai soustrait ces éléments de ce billet! J’ose ainsi piquer votre curiosité pour la suite dans un autre billet ou peut-être une vidéo.

D’ici là, essayez d’observer dans vos prises de décision (par exemple, pour des rénovations, de la décoration, du rangement, de la planification d’un voyage ou d’une semaine de travail), si vous ne pensez seulement qu’à ajouter ou si vous pensez aussi à la soustraction.

Ressources:

Klotz, Leidy, Subtract, The Untapped Science of Less, Flatiron Books, New York, 2021

Parmi nos billets:

La valeur de ne rien faire

La valise minimaliste et autres trucs de voyage

Pour rester à l’affût des nouvelles parutions, inscrivez-vous au bas de cette page ou sur la page Infolettre.

   

Partagez ce billet!

Ajoutez un commentaire

Avez-vous lu?

Abonnez-vous à l’infolettre et…

Abonnez-vous
à l'infolettre

Abonnez-vous
à l'infolettre

Recevez l'infographie 15 minutes en mode débarras. Sablier.