Se libérer de la culture de consommation

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À une époque où la consommation est de plus en plus facile – à un clic – et la publicité de plus en plus ciblée, de plus en plus de gens se tournent vers le minimalisme pour se libérer de la culture de consommation et retrouver l’essentiel.

Musique à écouter pendant ou après la lecture de ce billet (il se peut que l’écoute simultanée ne soit pas possible): Trains par Poppy Ackroyd

L’illusion

Même si la publicité occupe une place de choix à la télévision, parfois même élevée au statut de divertissement comme pendant le Super Bowl, la consommation de médias traditionnels est en baisse – et donc aussi l’impact de la publicité qui s’y trouve. Malheureusement la conséquence de cette réduction est une publicité de plus en plus présente ailleurs et de mieux en mieux ciblée. 

Les annonceurs nous interpellent sur Internet avec des publicités reliées à nos recherches, des recommandations sur des blogues et sites, des vêtements et produits utilisés par les influenceurs, et des courriels et textos qui nous trouvent avec ou sans sollicitation. Même les épiceries tentent d’influencer les achats en offrant des échantillons de nourriture que nous n’avions aucune intention d’acheter avant d’y goûter!

L’illusionniste Luc Langevin résume bien cette problématique dans son livre La science de l’illusion : « Les publicitaires sont des magiciens : ils arrivent à nous faire croire que notre vie sera plus exaltante, plus riche, plus satisfaisante si nous achetons un nouveau réfrigérateur ou des chaussures de luxe. Si ça, ce n’est pas de l’illusion, je ne sais pas ce que c’est! »

S’inspirer du minimalisme c’est, face à ces marchands d’illusions, se questionner afin de déterminer ce qui est essentiel pour nous. Mais c’est plus simple à dire qu’à faire. 

Citation relative à la culture de consommation : « Conservez votre pouvoir d’achat et de non-achat.» Arrière-plan : Bottes jaunes sur asphalte avec ligne jaune.
Photo : Renato Pozaić

Assez, c’est assez!

Certains ont un moment « assez c’est assez » plutôt radical en déménageant dans le bois loin de toute connexion Internet. Mais la plupart d’entre nous aimons un certain confort. Il s’agit donc de s’inspirer du minimalisme le plus possible afin de progressivement s’immuniser contre la culture de consommation, selon nos besoins et selon notre cheminement vers un futur simple.

Par exemple, si vous prenez tout de même un plaisir à fréquenter les boutiques et centres commerciaux, lisez notre billet sur le magasinage. En fait, on trouve de plus en plus d’exemples qui peuvent nous inspirer et nous donner des idées pour porter un autre regard sur la culture de (sur)consommation : les articles sur la vie dans une mini maison, les décors minimalistes dans les demeures et hôtels, les séries télé comme celle de Marie Kondo, les idées de garde-robes simplifiées, et même la musique minimaliste. 

On constate aussi un courant qui, sans nécessairement être minimaliste, est fort utile : le rejet du faux. 

Par exemple, certaines vedettes font la manchette en insistant pour que leurs corps ne soient pas modifiés par les retouches aux photos. Il y a aussi une tendance dans les médias sociaux à repérer le faux présenté comme réalité par des influenceurs et, malheureusement, aussi par monsieur et madame tout le monde. Par exemple, vous aurez peut-être aussi vu cette photo qui donnait l’illusion d’un gars qui se détend à la plage, mais qui, en réalité, n’avait que la tête posée sur le carré de sable de sa petite sœur…

Pour avoir le temps de vivre

Le minimalisme propose de prendre le temps de vivre, de prendre plaisir à épargner plutôt que de se nourrir d’illusions. En se détachant d’une culture de surconsommation, il sera possible de reprendre le contrôle de ses finances et ainsi alléger le stress causé en vivant au-delà de ses moyens. Pas plus tard que ce matin, alors que ce billet était presque terminé, une jeune femme admirait notre jeune retraite en disant qu’elle payait encore pour une erreur de jeunesse qui a mis des milliers de dollars sur sa carte de crédit. 

En portant un regard minimaliste sur la consommation, nous devenons davantage immunisés contre l’influence publicitaire et conséquemment nous conservons notre pouvoir d’achat… et de non-achat. 

Ressource: Marketing, mode, shopping : depuis quand sommes-nous devenus des consommateurs ?

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