Répondre à son goût de magasiner sans (trop) dépenser d’argent

Mis à jour le 14 octobre 2022

Pour certains, l’attrait du magasinage est fort. La montée d’adrénaline ressentie lors d’une aubaine, d’une trouvaille, d’une quête ou d’une négociation, que ce soit en boutique ou en ligne, est tout à fait réelle. Certains se nourrissent du plaisir de découvrir les tendances actuelles et d’essayer de nouveaux styles.

Musique à écouter pendant ou après la lecture de ce billet (il se peut que l’écoute simultanée ne soit pas possible): Foule sentimentale d’Alain Souchon

En anglais, on utilise des termes comme « shopaholic » et « retail therapy » pour communiquer l’euphorie et l’engouement de certaines personnes éprises par l’achat et le magasinage. Les publicitaires et experts en marketing savent comment en tirer profit. 

Les achats peuvent comprendre des vêtements, des articles de décorations, de la nourriture, de la papeterie, des gadgets électroniques et de cuisine, etc. 

Les plus disciplinés magasinent… sans (trop) dépenser.

Pourquoi réduire ses achats? 

Dépenses et endettement

L’argent ne pousse pas dans les arbres, et trop de gens achètent à crédit. C’est-à-dire qu’ils dépensent sans être en mesure d’acquitter le paiement au complet avant la date d’échéance.

L’aubaine finit par coûter un bras. Les calculs font peur: un achat de 1000$ porté sur une carte de crédit avec des intérêts de 20% dont seul le paiement minimal est fait chaque mois aura coûté 1990.60$ au bout de 10 ans et 11 mois, soit le temps nécessaire pour rembourser l’achat et les intérêts. Des outils tels que la calculatrice de paiements de carte de crédit permettent d’ajuster les chiffres pour voir les résultats avec vos données réelles.

Si vous n’avez pas l’argent en ce moment pour l’achat, il est préférable de vous en passer, car vous le payerez longtemps et beaucoup plus cher que l’aubaine annoncée. À la limite, considérez acheter dans un commerce de seconde main.

Mais même si l’argent n’est pas un problème, il y a d’autres raisons de réduire son magasinage.

Pas vraiment de besoins

Trop souvent, on n’a tout simplement pas besoin de ce qui nous attire parce que l’on a déjà un ou plusieurs exemplaires de l’article (par exemple: des foulards, des ciseaux) ou quelque chose d’autre répond à ce besoin (un couteau plutôt que plusieurs outils de cuisine à fonction unique).

Les ventes « deux pour le prix d’un » ou « achetez-en un et obtenez l’autre à moitié prix » ne sont pas des aubaines si le besoin n’y était pas. L’argent dépensé lors d’une vente est tout de même de l’argent que vous n’avez plus: vous n’avez pas économisé 25$, vous avez plutôt déboursé 75$.

Encombrement

Les nouveaux objets prennent de la place dans la demeure.

Certains achats « au cas où » ou « un jour, ça me fera » sont une perte d’argent puisqu’ils sont effectivement inutiles. D’ailleurs, il y a de fortes chances que si vous avez un besoin criant pour quelque chose plus tard, vous aurez oublié que vous l’aviez déjà acheté et remisé « au cas où ».

Le contexte du marketing très attrayant ne ressemble pas souvent à notre « vraie » vie. Ce qui semblait si alléchant en magasin ne cadre pas toujours avec la réalité de tous les jours.

Toujours plus

L’attrait du nouveau perd de son charme, car il y a souvent quelque chose de neuf ou d’une couleur différente ou plus puissant ou plus rapide.

Il y aura toujours des voisins, des amis et des collègues avec du « plus nouveau », « plus puissant », etc. À vouloir se comparer, on se retrouve en mode rattrapage et dépense sans fin prévisible. 

Un achat peut très rapidement nous rendre malheureux, car il en appelle souvent un autre pour le complémenter (voir la vidéo sur l’effet Diderot dans la liste de ressources ci-dessous).

Il y a tant à faire avec son temps autre que magasiner!

Comment réduire la tentation tout en gardant le plaisir de magasiner?

Bien sûr, le plus facile serait de ne pas entrer dans des magasins, de ne consulter aucun site d’achat en ligne, d’ignorer la mode et les acquisitions des autres… Si vous y arrivez, tant mieux!

Sinon, voici quelques pistes pour répondre à ce besoin / désir de magasiner sans (trop) tomber dans la tentation.

À la maison:

  1. Choisissez un nombre raisonnable d’abonnements par courriel (puis-je suggérer cinq ou moins?) et limitez-vous à ce nombre de sites. Dès que vous recevez un courriel d’un site d’achats, désabonnez-vous à moins que ce soit un de vos cinq sites préférés. 
  2. Si vous recevez des publications adressées à votre nom par la poste, faites de même en communiquant avec les numéros ou adresses publiés.
  3. Pour ce qui est des publicités livrées à domicile, ne consultez que celles qui sont pertinentes comme l’épicerie et la pharmacie que vous fréquentez. Si possible, indiquez avec un collant sur votre boîte à lettre ou maison que vous n’en voulez pas et vous serez peut-être épargné.
  4. Lorsque vous butinez sur vos sites préférés, mettez vos achats dans le panier, mais ne faites pas l’achat avant une semaine; il est très possible que ces objets n’aient plus le même attrait (ou qu’ils ne soient plus offerts ce qui règle le cas!).
  5. Faites une liste des achats à faire avant d’aller magasiner pour les épiceries et aussi pour vos autres dépenses. Consultez-la quelques jours plus tard. Vous pouvez aussi choisir de perdre la liste pour autres achats : si vous ne vous souvenez pas de ce qui était sur la liste, ça ne devait pas être important, n’est-ce pas?
  6. « Magasinez » dans votre maison :
    • Consultez votre garde-robe d’une saison à l’autre pour y découvrir de nouveaux morceaux moins portés. Il y a peut-être même des vêtements avec encore les étiquettes.
    • Déplacez vos meubles, changez les coussins de place, alternez vos draps d’un lit à l’autre. Cela répondra au besoin de changement sans amener de dépense.
Changeons notre perspective des items en vente: nous n'avons pas épargné 25$, c'est plutôt que nous avons dépensé 75$. Bottes de suède bleues sur des jambes de femme.
Photo: Renato Pozaić

Au magasin:

  1. Fixez-vous un budget de magasinage comme vous le faites pour d’autres catégories telles que les sorties culturelles et au restaurant.
  2. Une fois que vous êtes décidé à faire des achats, allez chercher l’argent comptant à un guichet. Quand on voit physiquement l’argent que l’on donne pour nos achats, on les questionne davantage.
  3. Lorsque vous vous promenez dans le magasin, prenez un panier, mettez-y tout ce qui vous intéresse, afin de vous procurer cette sensation de plaisir. Avant de vous rendre à la caisse, prenez chaque morceau et additionnez le prix des articles dans votre panier. Et posez-vous quelques questions :
    • En avez-vous vraiment besoin? Retirez ce que vous pouvez facilement éliminer.
    • Avez-vous l’argent pour ces achats? Calculez le montant d’argent qu’il faudra débourser pour ce que vous avez gardé dans votre panier.
    • Calculez maintenant combien d’heures de travail ces achats représentent. Seriez-vous prêt à travailler tant d’heures pour ces objets?
    • Dans le meilleur des cas, vous quitterez les mains vides tout en ayant eu le plaisir de magasiner. 
  4. Et si vous partez avec quelque chose, reconsidérez votre achat quand vous serez de retour chez vous; si vous avez un doute, mettez-le tout de suite dans un sac avec le reçu et retournez-le idéalement dans les 24 heures. Ouf, une dépense récupérée! Mais il ne faut pas compter sur les retours pour justifier les achats puisque la majorité des gens qui ont l’intention de retourner un achat ne le font pas ou ne respecte pas le délai accordé.
  5. Prenez conscience de ce qui vous amène en magasin. Si vous recherchez de la compagnie ou de l’interaction sociale, il est possible de répondre à cet objectif sans dépenser d’argent en vous rendant dans vos lieux préférés. Au pis aller, prendre un café dans un lieu public est probablement moins cher que des achats fortuits.
  6. Rendez vos escapades de magasinage utiles: cherchez pour des cadeaux que vous savez que vous devrez donner dans les deux prochains mois. Trop longtemps d’avance, vous oublierez et risquez de faire d’autres achats pour la même occasion. Profitez-en pour repenser les cadeaux que vous offrez.
  7. Dépensez l’argent des autres! Offrez vos services de magasinage à des personnes qui n’aiment pas magasiner, qui n’ont pas beaucoup de temps ou qui sont à mobilité réduite. Vous aurez tout le plaisir sans toucher à votre portefeuille! 
  8. Et s’il le faut, ne faites que du lèche-vitrine après les heures d’ouverture.
Montage de 25 photos de devantures de magasins croates avec vêtements et mannequins.
Photo : Renato Pozaić

(Psst! Trouvez l’égoportrait du photographe dans le collage!)

Nous devons tous faire des achats à un moment ou un autre. Il s’agit de faire des choix liés à des besoins et non seulement céder à une impulsion. Et si pour vous, magasiner c’est une partie de plaisir, sachez qu’il est possible de le faire sans (trop) dépenser!

Ressource en anglais sur l’effet Diderot:  Why new things make us sad.

Pour poursuivre la lecture parmi nos billets :

Se libérer de la culture de consommation

Le minimalisme pour réduire l’endettement

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7 commentaires

  • Bonjour Julie,
    Merci pour ton blogue que je suis religieusement! Je voudrais partager une petite expérience par rapport au magasinage. Une à deux fois par année, une dizaine de mes amies et moi organisons des rencontres d’échange de vêtements dans nos salons! La date établie, chacune fait un élagage de sa garde-robe et choisit un ou deux (parfois plus) morceaux de linge tout neuf ou presque et l’apporte à la rencontre. Tout est étalé dans le salon et chacune commente sa contribution. À l’heure du magasinage, chacune choisit la ou les pièces qui lui parlent et ensuite participe à la parade de mode … belle sortie entre filles et du magasinage pas cher. L’hôtesse livre le surplus à la St-Vncent-de Paul. C’est une formule simple, sociale et qui motive la décision de se défaire des vêtements qui ne nous servent plus.
    Bonne continuité, Lise

    • Quelle bonne idée! Je peux imaginer les rires tout au long de la rencontre. C’est vraiment magasiner sans dépenser tout en ayant une partie de plaisir. Tout le monde y gagne!

  • Bonjour à vous,
    Encore une fois, j’ai lu votre billet avec le plus grand intérêt. Il est très bien écrit et tellement pertinent. Vous continuez de stimuler ma réflexion par rapport à mes habitudes et vous avez initié des actions concrètes dans mon environnement de vie que j’ai commencé à désencombrer. Depuis, j’ai lu le livre de Marie Kondo, Le pouvoir étonnant du rangement, et visionné sa série sur Netflix. Tout ce processus n’est pas sans effort. Ce faisant, il est inévitable de constater combien nous avons accumulé de choses au fil du temps. Maintenant que je regagne tranquillement de l’espace, il est impensable de revenir en arrière. Cet exercice est une véritable libération et j’aime les résultats. Tout ceci a freiné mon désir de consommation et je pense deux fois avant de passer à la caisse. En as-tu vraiment besoin?, un autre livre que je suis en train de lire. Le message y est semblable. Merci de me conduire vers mon évolution et d’entretenir le goût du changement.

    • Merci, je suis émue. Nous sommes heureux que notre vécu et nos partages servent d’inspiration et de motivation. En se libérant du superflu évident et en creusant dans ce que l’on a déjà perçu comme essentiel, l’important refait surface, et il est rarement lié à des possessions.
      Et oui, le livre de Pierre-Yves McSween, ses commentaires à la radio et son émission à la télévision nous ont aussi beaucoup fait réfléchir et rire!
      Bonne continuité! Nous avons encore plusieurs billets à venir pour vous accompagner.

  • Super ce blog! Je suis en France (à saint-Malo) et vos idées peuvent s’adapter ici aussi 😉
    Je suis fan de déplacer les meubles et les petits objets décoratifs chez nous: on change de décor sans rien dépenser. Idem pour les vêtements: 2 fois par an, je sors tout sur le lit et je re-mélange des pièces que je ne portais plus avec d’autres… Du bon sens.

  • Il est bon aussi de se rappeler le vieil adage: « Trop souvent on achète des choses dont on a pas besoin, avec de l’argent que l’on n’a pas, afin d’impressioner des gens que l’on n’aime pas vraiment. »

    • C’est une citation du comédien Wil Rogers. Il a vraiment mis le doigt sur le bobo comme dirait l’expression qu’on emploie encore souvent!

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