Vivre sans maquillage? et autres questions semblables

V

Lorsque l’on choisit de vivre une vie inspirée par le minimalisme, il est normal que l’on se questionne non seulement sur nos avoirs mais aussi sur nos habitudes et nos pratiques. Ce texte découle d’un questionnement que j’ai depuis plusieurs années, une réflexion continuelle à vrai dire, quant à mes choix côté esthétique, y compris celui de vivre sans maquillage. 

Musique à écouter pendant ou après la lecture de ce billet (il se peut que l’écoute simultanée ne soit pas possible): Human par Rone

Conception sociale de la beauté 

Bien qu’elles puissent différer considérablement selon les lieux géographiques ou les microsociétés comme le lieu de travail, les normes de beauté suggérées sinon attendues de la société s’invitent dans notre quotidien. 

Idéalement, nous serions tous confortables avec le corps que l’on a, avec notre quantité de cheveux et de poils, et on ne se poserait pas de questions sur la blancheur de nos dents. Les soins ne seraient que pour maintenir la santé. Hélas, je ne vis pas dans ce monde.

Ce n’est pas toujours évident d’être fidèle à ses valeurs et d’aller à contre-courant même si on remet en question ses propres habitudes. 

Minimalisme et soins personnels / beauté

Voici quelques-unes des questions que je me suis posées avec le minimalisme en tête : 

Puis-je :

  • vivre sans maquillage?
  • limiter le nombre de produits de soins personnels?
  • faire en sorte que les effets des produits soient plus naturels? 
  • effectuer moi-même les soins?
  • confectionner mes propres produits?
  • considérer quel impact la mode / le goût du jour a sur mes choix?
  • anticiper mes réactions/émotions si je ne suivais pas certaines normes/attentes sociales?

Est-ce une affaire d’âge?

Des phrases du genre « Elle a l’air jeune / vieille pour son âge » me font réagir. Nous avons tous l’apparence de notre âge; il n’y a pas un standard de ce que quelqu’un devrait avoir l’air à chaque décennie. Peut-on laisser à chacun le choix de se présenter comme bon lui semble?

Citation relative à vivre sans maquillage : Laissons à chacun le choix de se présenter au naturel sans que ce soit perçu comme un acte de courage. Arrière-plan : Bibelot d’une poulette en verre clair .
Photo : Renato Pozaić

Quelques exemples de soins esthétiques

Qui cherche à créer des complexes aux poilus? Il me semble malheureux que la société veuille amener les femmes et les hommes à se questionner et parfois à passer à l’acte quant à leur pilosité: sourcils, aisselle, dos, poitrine, jambes, bras et ailleurs… et à dépenser de bonnes sommes en cours de route.

J’ai choisi de vivre sans maquillage depuis la mi- vingtaine. Lorsque je me suis décidée, ce fut sans retour. Comme les gens se sont habitués à me voir au naturel, les questions ont cessé assez rapidement. D’ailleurs, il m’arrive de recevoir des commentaires du genre « j’aimerais ça pouvoir faire comme toi ». C’est presque perçu comme un acte de courage par certains. 

Ce n’est que cette année que je me suis permise d’arrêter les mèches de couleurs dans mes cheveux, elles qui cachaient en partie le gris déjà bien présent. Ma coiffeuse m’a même convaincue que c’était à la mode du jour: « Les gens me payent pour se faire teindre en gris! »

Et puis, en réalité, si je voulais être cohérente sur tous les points de vue, j’aurais encore beaucoup à faire (ou à ne plus faire). 

Éviter le jugement

Certaines femmes et hommes apprécient clairement les petits soins : ongles vernis et décorés impeccables, cheveux et maquillages dignes de magazines, sourire éclatant pour ne nommer que cela.

Je n’ai rien contre le maquillage, la teinture, le blanchiment des dents, l’épilation ou tout autre soin. Aller à contre-courant n’est pas nécessairement un meilleur choix. L’apparence peut être un appui à la confiance, un outil dans certaines situations, et puis il est possible d’y prendre plaisir et d’y voir une forme d’art. En fait, si on a une garde-robe minimaliste, le maquillage et le vernis peuvent être une façon de varier son look.

Une réflexion quant à ses goûts peut être libératrice et permettre de faire des choix sans se sentir obligé de suivre – ou de contrer – les images véhiculées. C’est un peu ça le minimalisme : tracer sa propre voie avec les limites que l’on s’impose afin de faire ressortir notre meilleur moi.

Pour poursuivre la lecture :

Comment se défaire des standards de beauté à longueur d’année?

Support à l’initiative Maipoils (vidéo; oreilles sensibles s’abstenir!)

Parmi nos billets:

Ménage dans les produits de soins personnels et de nettoyage : utiliser et économiser


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9 commentaires

  • J’ai beaucoup aimé ce billet! De mon côté j’ai commencé à utiliser des produits (plus naturels) comme par exemple l’huile de coco biologique pour les soins de la peau…

  • Félicitations à vous deux pour votre année de production. Il n’est certainement pas facile de maintenir une telle cadence d’écrIture et de se renouveler à chaque fois avec autant de sujets, tous aussi intéressants les uns que les autres. Belle photo!
    Voici une bonne réflexion à faire, alors que le passage du temps commence de plus en plus à laisser des traces. Même si je sais que ce que je suis est plus important que le paraître, dans une société qui valorise la jeunesse, il n’est pas aisé de laisser aller.

    • Merci Josée pour cette reconnaissance de nos écrits.
      Ça nous fait plaisir d’apprendre que nos reflexions personnelles sont parfois plus universelles qu’on aurait pu le croire.

  • Bonne réflexion, je me pose aussi ce genre de questions! J’ai cessé de me maquiller il y a presque un an à cause d’allergies me causant de l’enflure autour des yeux. Ça me manque un peu même si je me maquillais très peu. Et je ne colore plus mes cheveux depuis des années. J’aurais sûrement l’air plus jeune si je colorais mes cheveux et me maquillais, mais qu’est-ce que ça changerait? J’ai 53 ans, et je considère que chaque mèche de cheveux blancs que je porte est un trophée! J’ai vécu bien des choses pour être qui je suis aujourd’hui, et j’en suis fière!

    • Merci pour ce témoignage sur les allergies développées; d’ailleurs, on note de plus en plus de produits nocifs dans le maquillage, même dispendieux.
      Je te rejoins avec l’idée des trophées. C’est une façon d’assumer notre vécu!

  • J’ai beaucoup aimé cette réflexion. Je me pose les mêmes questions. Je ne me maquille pas sauf dans de très rares occasions mais ça me prend quelques fois par année d’en acheter… L’influence sociale sans doute!…J’achète des vernis, les couleurs sont si jolies et brillantes sauf que je n’en mets pratiquement jamais non plus…Je devrais les convertir pour créer une toile avant qu’ils ne sèchent…Tiens, je me donne une idée…
    Les poils! My God! Qui a décidé un jour où c’était adéquat d’en avoir ou ne pas en avoir…Là est la question??? Ma mère a 96 ans presque et demi, et je me suis mise en charge de lui épiler la moustache parce que ça la fatigue, elle se demande pourquoi elle a ces poils???? En guise de réponse, je lui chante alors une petite ritournelle que ma cousine m’a apprise il y a belle lurette. La voici:
    Mon père s’est coupé du poil de son nez pour se faire un chapeau à la mode,
    La mode est passée, le chapeau est usé,
    Mon père n’a plus de poil dans son nez…
    Et on rit beaucoup… C’est un des moments les plus tendres que je vis avec ma mère GRÂCE à ses poils…Ma foi, ça doit être ça la vraie raison de leur existence…

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