Laisser tomber un salaire pour augmenter le niveau de vie: question de priorités

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Ce matin, mon fils m’a fait remarquer que nous étions déjà dans un parcours minimaliste lorsque j’ai pris un congé du travail afin d’entreprendre mes études doctorales il y a plus d’une dizaine d’années. En effet, à y réfléchir, cette décision a été prise suite à de nombreuses discussions sur ce qui était important dans notre vie de famille. Permettez-moi de vous partager nos réflexions.

Musique à écouter pendant ou après la lecture de ce billet (il se peut que l’écoute simultanée ne soit pas possible) : Comptine d’un autre été de Yann Tiersen (Klangkuenstler Remix)

Notre vie avant

Je vous mets en contexte. Michel et moi occupions tous les deux des postes exigeants : Michel, comme directeur général d’une importante association canadienne en expansion alors que j’étais directrice d’une école secondaire. J’étais responsable d’amener les enfants à la garderie le matin, car je pouvais contrôler mon début de journée. Michel allait chercher les enfants en fin de journée. 

On se mit à réfléchir sur notre rythme de vie, nos habitudes alimentaires, nos relations de couple et familiales. Les discussions revenaient à savoir quelle place occupait l’argent dans notre vie. Conclusion, nous étions prêts à sacrifier un salaire pour ralentir le rythme et améliorer l’ensemble de notre vie. Nous nous sommes entendus sur un arrêt de trois ans (qui en a finalement duré cinq!).

Notre vie pendant

Je me suis inscrite au doctorat : je suivais des cours et faisais les travaux, la recherche et la rédaction de façon méthodique le jour. Ce temps m’a permis d’apprivoiser à nouveau le silence, de réapprendre l’autodiscipline et de stimuler ma créativité tout en me dépassant dans mes apprentissages. Ce fut un temps de vie stimulant intellectuellement.

Les enfants avaient 5 et 7 ans au début du congé et n’avaient pas les mêmes heures d’école, ce qui me permettait de passer une heure privilégiée avec chacun soit le matin ou au retour. De plus, je pouvais assister aux rencontres durant les heures scolaires, servir d’accompagnatrice lors de sorties pédagogiques et être présente pour les nombreuses activités, tant le jour, en soirée qu’en fin de semaine. Mon emploi ne me l’avait que rarement permis.

D’autres bienfaits ont découlé de cette décision de vivre avec un salaire en moins. L’alimentation de la famille s’est améliorée puisque je cuisinais encore plus qu’avant tout en prenant le temps de maximiser le budget alimentaire. J’ai fréquenté de façon assidue une entraîneure personnelle pour me remettre en forme. Mon mari a retrouvé sa femme pleine d’énergie et comme je m’occupais des tâches le jour, il avait plus de temps pour les enfants et son bien-être en soirée. J’ai fait du bénévolat auprès du mouvement scout et engagé la famille et les amis dans une cause qui me tenait à cœur, l’aide aux femmes sans-abri.

Skis de fond sur Mont-Royal en avant-plan du centre-ville avec citation : Il est possible de vivre avec moins d’argent en faisant des choix en ce qui concerne sorties, cadeaux, voyages, épiceries, transport, logement, vêtements.

Quelques leçons à partager

Le questionnement doit porter sur les raisons pour lesquelles les deux travaillent. Est-ce par goût et intérêt? Est-ce nécessaire? Ou est-ce pour pouvoir se payer certaines choses moins essentielles?

Si les réponses sont non, non, oui, il y a peut-être lieu de poursuivre la lecture de ce billet.

En présumant que nos besoins de base soient satisfaits, il est presque toujours possible de vivre avec moins d’argent quand on fait des choix en ce qui concerne les sorties, cadeaux, voyages, épiceries, transports, logements, et vêtements. (L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques, IRIS,  indique qu’un revenu viable pour deux adultes et deux enfants varie entre 50 323$ et 57 186$ selon la région du Québec.) 

Est-ce qu’un des deux dans le couple devrait arrêter de travailler pour toujours? Non. Plusieurs options peuvent être explorées dont la réduction du nombre d’heures travaillées, trouver un emploi moins exigeant ou avec moins de temps de déplacement, prendre un congé de courte ou longue durée, ou retarder un peu sa retraite pour mieux profiter de la vie d’ici là. Sur ce dernier point, on peut aussi constater qu’apprendre à vivre avec moins de revenus peut en fait nous permettre de prendre notre retraite plus tôt.

Le temps passait à la même vitesse lors de mon congé, mais sa qualité était grandement améliorée. Les relations entre les membres de la famille et avec les amis sont précieuses. De nouvelles amitiés sont possibles lorsque l’on prend le temps d’écouter et de se rendre accessible, en personne ou en virtuel. Un de mes frères et mon père sont décédés lors de mon congé. J’étais reconnaissante d’avoir pu développer davantage ma relation avec mon père lors de ses dernières années.

Notre vie après

Toute bonne chose a une fin, mais les nouvelles habitudes se sont maintenues lors de mon retour au travail. Je n’étais plus prête à sacrifier du temps de famille, de couple ou de bien-être. Ces années avec un salaire en moins nous ont permis de comprendre ce qui importait le plus pour nous comme famille, couple, individu. 

Nous avons réussi à maintenir un équilibre heureux par la suite, en maintenant nos bonnes habitudes en poursuivant un mode de vie encore plus inspiré par le minimalisme. Quelques années plus tard, Michel a quitté son emploi pour travailler à son compte et ainsi choisir un rythme de vie plus convivial avec nos priorités. Depuis juin, nous sommes à la retraite et encore plus libres!

Et vous, quand avez-vous pris le temps de déterminer vos priorités?

(Psst, avez-vous repéré la photo de Leonard Cohen sur un des édifices?)


Pour poursuivre la lecture: nos billets Le minimalisme pour réduire l’endettement et Minimalisme selon l’objectif.

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