L’accumulation compulsive: ces réflexes de soulagement qui ne nous aident pas vraiment

L

Abordons le trouble d’accumulation compulsive. Il va de soi que nos vies ne peuvent pas se dérouler à la perfection, sans accroc ou douleur. La plupart du temps, on se secoue, on se relève, quelques larmes sont versées et la vie reprend son chemin.

Musique à écouter pendant ou après la lecture de ce billet: Duo Ruut: Tuule soñad (Mots du vent; texte estonien qui se résume à des répétitions de « Vent du nord pourquoi souffles-tu? » Le cycle recommence avec le vent de l’est, de l’ouest, du sud)

Engourdir la douleur

Mais ce n’est pas toujours le cas selon l’épreuve à surmonter. Certains coups sont plus durs que d’autres à accepter. À défaut d’affronter sa douleur, il peut arriver de chercher à la fuir en ayant recours à la nourriture, la boisson, les médicaments et la drogue. Comme le soulagement est temporaire, la consommation est à recommencer, car la source de douleur engourdie n’est pas adressée. 

Pour d’autres, c’est la surconsommation qui se manifeste, comme si en emplissant physiquement l’espace dans sa demeure, le vide émotif pouvait être comblé. Ces personnes vivent des petites joies fréquentes en faisant de nombreux achats qu’elles se justifient. Puisque l’adrénaline de l’achat ne dure pas, c’est à recommencer. L’argent ayant été dépensé, il devient difficile de se départir de ses achats, souvent faits à crédit malheureusement.

Accumulation problématique

Chez certains, la souffrance se manifeste par l’accumulation compulsive, en refusant de laisser aller quoi que ce soit. Il peut y avoir de l’affection et un attachement aux objets liés à des rêves, à des notions de sécurité, à une présence, ou autre chose. 

J’entends à distance un « ce n’est pas grave, ce ne sont que des choses ». Peut-être, mais la douleur et la souffrance sont réelles. En se posant des questions profondes, parfois avec de l’aide, l’on peut comprendre davantage nos habitudes d’amasser et d’acheter en examinant ce que l’on cherche à combler.

Drapeaux rouges

Il faut commencer à s’inquiéter lorsque l’encombrement nous empêche de procéder à des activités de base. Il n’est pas tout à fait normal d’avoir à déplacer un monticule d’objets ou de papiers pour manger à table, pour préparer sa nourriture, pour serrer ses vêtements ou pour se laver. De plus, éviter de recevoir des gens chez soi à cause de l’accumulation évidente peut souligner un problème.

Ces comportements, de prime abord inoffensifs, peuvent mener au trouble d’accumulation compulsive. 

Un reportage de Radio-Canada présente une femme atteinte de ce trouble.* 

Citation relative à accumulation compulsive : À défaut d’affronter la douleur, certains cherchent à la fuir en ayant recours à la nourriture, la boisson, les médicaments et la drogue. Pour d’autres, c’est l’accumulation et la surconsommation qui se manifestent, comme si en emplissant l’espace de la demeure, le vide émotif pouvait être comblé. Arrière-plan: 2 chaises sous la neige

Évaluer la situation

Vous pouvez consulter l’article explicatif cité en ressource pour reconnaître les symptômes et obtenir des pistes de solution. **

Une échelle en photos établie par l’International OCD Hoarding Foundation laisse entrevoir différents stades d’encombrement et d’accumulation.*** En allant y jeter un coup d’œil, vous serez à même d’évaluer sommairement votre situation ou celle d’un proche. 

Il est possible qu’en lisant ce texte ou en consultant les ressources, vous reconnaissiez les signes d’accumulateur compulsif chez un ami ou membre de votre famille. Sachez que leur comportement peut avoir de l’impact sur la santé et les relations parents-enfants et avec les gens de l’entourage. Si tel est le cas, parlez-en à un professionnel de la santé.

Prévention et pistes d’aide

Parfois, c’est en situation d’urgence qu’on se rend compte de l’ampleur de la situation, qu’elle soit la nôtre ou celle d’un parent. Ce n’est pas évident d’organiser une telle maison afin de sortir rapidement en cas d’incendie, d’éviter des chutes, de permettre l’utilisation d’un déambulateur (communément appelé marchette), et de recevoir des soins à domicile. Et si la personne doit emménager dans un foyer ou décède, ce sont habituellement les enfants qui se retrouvent devant les preuves du problème. 

Il y a peu de chance que vous soyez rendus là, mais, qui sait, vous aurez peut-être tout à coup le goût de ramasser les quelques affaires qui trainent… et de vous défaire de ces objets qui ne servent plus. Et puis, si c’est au-delà de votre volonté, il n’y a pas de gêne à en parler à un professionnel de la santé qui pourra vous aider à adresser les causes et les solutions particulières à votre situation. Courage!

Ressources :

* Reportage présentant une femme atteinte du trouble d’accumulation compulsif 

** Article au sujet de l’accumulation compulsive (la syllogomanie) par eSantéMentale.ca, site créé par l’Hôpital pour enfants de l’Est ontarien (CHEO)

*** Échelle en photos des différents stades d’encombrement 

Autres billets qui pourraient vous intéresser :

La peur de recevoir des gens chez soi

Où donner quoi: liste d’endroits pratiques

Visible, invisible: l’art de cacher le barda


Pour rester à l’affût des nouvelles parutions, inscrivez-vous au bas de cette page ou sur la page Infolettre.

Partagez ce billet!

3 commentaires

Avez-vous lu?